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Quelles voitures sont les stars des 24 Heures du Mans ? Tour d’horizon des modèles iconiques

Par Maxime
5 minutes

Les légendes mécaniques de l'endurance : un panthéon de bolides mythiques


Depuis 1923, les 24 Heures du Mans fascinent passionnés d’automobile, ingénieurs et amateurs de sensations fortes. Vitrine mondiale de la performance mécanique, de la fiabilité et de l’innovation, la course a vu défiler une multitude de modèles devenus de véritables icônes. Retour sur ces voitures qui, décennie après décennie, ont marqué l’histoire de la plus célèbre des épreuves d’endurance.


Années 1920-1950 : pionnières et élégantes


Au début du Mans, la compétition met avant tout à l’épreuve la robustesse des voitures de tourisme. Plusieurs noms retiennent l’attention du public, tant pour leur succès que pour l’élégance de leur silhouette.

  • Bentley Speed Six : Les « Bentley Boys » dominent les années 20, remportant 4 victoires d’affilée entre 1927 et 1930. Leur série Speed Six, célèbre pour son moteur 6 cylindres de 6,6 L, incarne la puissance anglaise d’avant-guerre.
  • Bugatti Type 57G “Tank” : En 1937 et 1939, la carrosserie unique et l’aérodynamisme de la Bugatti Type 57G fascinent. Elle s’impose comme la première « barquette » moderne, alliant allure futuriste et efficacité.
  • Jaguar D-Type : Les années 50 voient aussi l’essor des carrosseries monocoques. L’audacieuse D-Type (1954-1957) s’offre trois victoires d’affilée, inspirant la conception de futures sportives.

Les années 1960 : duel Ford vs Ferrari, naissance des mythes


L’époque est celle des formidables affrontements industriels. Ford, frustré par l’échec dans le rachat de Ferrari, conçoit une machine pour détrôner l’italienne reine du Mans.


  • Ford GT40 : Star incontestée, la GT40 rafle quatre victoires d’affilée (1966-1969). Son V8, son allure ramassée et ses couleurs « Gulf » symbolisent encore aujourd’hui l’esprit de conquête de l’Amérique face à l’Europe.
  • Ferrari 250 LM, 330 P3/P4 : Avant la suprématie Ford, les Ferrari rouges dominent : 250 LM (1965), 330 P3/P4, modèles tout aussi élégants que performants, restent dans la légende pour leurs duels épiques et leur design racé.

Années 1970-1980 : la flambée technologique


Les deux décennies suivantes marquent l’avènement de la vitesse pure et de la Haute Technologie. Aérodynamique, puissance et fiabilité sont les mots d’ordre pour triompher sur 24 heures.

  • Porsche 917 : Cette fusée terrestre, propulsée par un V12 de 4,5 à 4,9 L développant plus de 600 ch, offre à Porsche sa première victoire en 1970. Son héritage est immense dans l’histoire de l’endurance.
  • Matra MS670 : Fleuron français, la Matra MS670 décroche 3 victoires consécutives (1972-1974), pilotée par des légendes comme Henri Pescarolo. Preuve que l’hexagone peut rivaliser au sommet.
  • Porsche 956/962 : Véritables monstres d’aérodynamisme, ces prototypes s’imposent dans les années 80, cumulant 7 victoires entre 1982 et 1987. Leur fiabilité sur la distance fait entrer la marque dans une nouvelle ère.

Les années 1990 : GT ultra-rapides et retour des constructeurs


Les années 90 voient le retour en force des GT exceptionnelles et l’arrivée de constructeurs japonais sur le devant de la scène.


  • McLaren F1 GTR : En 1995, la supercar routière F1 GTR devient la seule voiture de route à gagner Le Mans dès sa première participation. Son V12 BMW, son architecture carbonée et son équilibre domptent la pluie et la concurrence.
  • Porsche 911 GT1 : Fusion de la légende 911 et de la technologie proto, la GT1 offre à Porsche sa 16e victoire en 1998.
  • Peugeot 905 : Le Lion tricolore brille en 1992 et 1993 avec une machine ultra-moderne et centrée sur l’innovation.
  • Mazda 787B : C’est la première victoire japonaise et la seule voiture à moteur rotatif (Wankel) victorieuse en 1991. Son sifflement inimitable et ses couleurs orange/vert sont immédiatement identifiables sur circuit.

2000-2010 : ère Audi, diesel et hybridation


Le nouveau millénaire est dominé par un constructeur au sérieux germanique, qui introduit technologies diesel et hybrides en Endurance.


  • Audi R8 puis R10 TDI, R18 e-tron : Entre 2000 et 2014, Audi empoche 13 victoires, d’abord avec la R8 (essence), puis les R10 et R15 TDI (diesel) et, plus tard, la R18 e-tron quattro hybride. Fiabilité, régularité et gestion d’équipe sont les clefs de la réussite.
  • Peugeot 908 HDi FAP : Un temps, le duel Audi-Peugeot en diesel captive le public. En 2009, la 908 l’emporte, démontrant que la France a le savoir-faire pour jouer au sommet.

Depuis 2010 : hybrides, Hypercars et mondialisation


Les évolutions réglementaires donnent entrée à la haute technologie électronique, à la hybridation et à l’internationalisation de la compétition.


  • Toyota TS050/GR010 : Après de multiples désillusions, Toyota s’impose comme le nouveau géant de la discipline dès 2018. Ses modèles hybrides, d’abord la TS050, puis la GR010 Hybrid (catégorie Hypercar), signent une série de victoires et font rayonner le savoir-faire nippon.
  • Porsche 919 Hybrid : Entre 2015 et 2017, la 919 Hybrid permet à Porsche de rebriller au Mans, avec une machine dotée d’un V4 turbo et de deux systèmes hybrides.
  • Ferrari 499P Hypercar : En 2023, la victoire de Ferrari après 58 ans d’absence au sommet replace la 499P au rang des modèles iconiques, marquant la nouvelle ère des Hypercars.

Focus : les prototypes du futur et l’électrification


Avec la catégorie Hypercar et la volonté de la filière de réduire son empreinte environnementale, le Mans réinvente la « star » de demain. Les prototypes se veulent spectaculaires, hybrides, parfois prometteurs de solutions à hydrogène. Le règlement laisse entrevoir un avenir résolument tourné vers la technologie propre, sans sacrifier la performance.


Ce qui fait une voiture légendaire au Mans


  • Performances pures : Tenir la cadence à plus de 330 km/h dans la ligne droite des Hunaudières pendant 24 heures.
  • Fiabilité : Survivre aux nuits humides, aux bosses et aux pièges d’un tracé long et usant.
  • Innovation technologique : Suspension active, aluminium, fibre de carbone, systèmes hybrides ou, plus récemment, intelligence artificielle embarquée.
  • Style et charisme : Certaines silhouettes, sons ou livrées – Beatles « Gulf », Mazda 787B ou Ferrari rouge – deviennent des archétypes dans l’imaginaire collectif.

La « star » des 24 Heures du Mans n’est jamais le fruit du hasard. Elle incarne, le temps d’une course, l’union parfaite entre audace, science, gestion d’équipe et passion humaine.


Quelques anecdotes emblématiques


  • En 1971, la Porsche 917 « longue queue » bat le record de distance, parcourant 5 335 km à plus de 222 km/h de moyenne (record toujours imbattu avant le tracé modifié).
  • En 1955, la Mercedes-Benz 300 SLR se retire suite au terrible accident, mais reste dans l’histoire comme l’un des symboles de la sécurité et de la responsabilité en course.
  • Les duels nocturnes entre Ford et Ferrari dans les années 60, scénarisés dans des films comme « Le Mans 66 », illustrent la dimension mythique de certains modèles.

À retenir : un laboratoire roulant d’innovations et d’émotions


Du Vieux Continent au Japon, du V12 atmosphérique à l’électronique hybride, les stars du Mans évoluent sans cesse. Chacune d’elles a été, un jour ou l’autre, pionnière dans son domaine, source d’inspiration pour le design ou la technologie, voire influente sur les voitures de série.


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